La santé mentale de l’enseignant : clé de voûte de la réussite en classe pionnière.
Dans le cadre de la réforme pédagogique marocaine, les classes pionnières ont pour ambition de rehausser significativement le niveau des élèves en français. Pour y parvenir, la classe pionnière parie sur la santé mentale de l’enseignant. En effet, pour que la réussite soit ancrée en classe, on a besoin d’un enseignant positif et empathique qui sait bel et bien se contrôler face à la charge cognitive, à l’hétérogénéité de la classe, qui sait adapter le contenu, gérer efficacement l’espace et optimalement le temps imparti à chaque discipline.
Bien entendu, le professeur n’est pas un superman ou un robot. C’est un être hypersensible et fragile qui a besoin de repos et de prendre soin de sa santé psychique et physique. De ce fait, le professeur pionnier qui est appelé quotidiennement à dispenser son cours en trois séances distinctes doit impérativement souffler et respirer.
La seconde séance : Un modèle de gestion équilibrée.
Prenons la seconde séance en 4AEP, en 5AEP ou en 6AEP. Cette séance d’une heure renferme trois disciplines : l’acte de parole, un point de langue et la lecture de mots renfermant quelques difficultés.
Pour passer d’une discipline à une autre, il faut entreprendre trois pauses stratégiques qui préservent l’énergie mentale de l’enseignant et des élèves. Ces micro-pauses ne sont pas des pertes de temps, elles constituent de véritables outils pédagogiques qui favorisent la concentration, la sérénité et l’efficacité globale de la séance.
Première pause : respiration abdominale profonde.
La première pause, entre l’acte de parole et le point de langue, se décline comme suit : l’enseignant marque une pause et lance la respiration abdominale profonde. Pendant 2 minutes, tout un chacun en classe, y compris le professeur, inspire et expire viscéralement.
Cette respiration vise la diminution du stress accumulé, le rejet des mauvaises émotions qui traversent l’intériorité de chaque individu et instaurera une paix intérieure, une sérénité et une lucidité retrouvée. Ce moment collectif permet à tous de remettre les compteurs à zéro avant d’aborder la rigueur grammaticale ou l’excentricité conjugale du point de langue.
Deuxième et dernière Pause : massage des yeux à la Chinoise.
La deuxième et dernière pause concerne le passage du point de langue à la lecture qui exige une attention accrue et une concentration prononcée. Il s’agit de procéder au massage des yeux comme faisaient les élèves chinois pour soulager la fatigue oculaire, réduire les tensions, atténuer la sécheresse des yeux et favoriser la circulation sanguine.
Ce geste simple, rapide et accessible à tous, recharge les batteries visuelles et cognitives avant d’entamer la phase de lecture exigeante.
Clôture de la séance : des mots positifs qui forgeront les personnalités.
Avant de prendre congé du professeur, chaque enseignant est invité à clôturer sa séance par des mots positifs et constructifs qui forgeront la personnalité de l’élève :
« Merci monsieur pour vos efforts car on a appris de magnifiques choses aujourd’hui. Je suis un élève sérieux. Je suis capable de réussir et d’aider mes amis à renouer avec la réussite et la joie. Je serai le meilleur élève qui contribuera au rayonnement de son meilleur pays : le Maroc. »
Ces affirmations collectives, prononcées avec conviction, ancrent chez l’enfant la confiance en soi, le sens de la responsabilité et l’amour de la patrie.
En plaçant la santé mentale de l’enseignant au cœur du dispositif pédagogique, la classe pionnière ne se contente pas de transmettre des connaissances : elle prépare des êtres humains équilibrés, résilients et positifs pour affronter haut la main les défis d’un siècle rude et compétitif. En intégrant ces pauses régénératrices et cette clôture valorisante dans chaque séance, l’enseignant pionnier devient le véritable levier de la réussite scolaire.


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